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Superstition : sens, causes et 20 exemples français

Une superstition est une croyance sans fondement rationnel qui attribue à un fait, un geste ou un objet un pouvoir sur le sort. Toucher du bois, éviter l'échelle, redouter le vendredi 13 : tout le monde en connaît, même sans y croire. Voici la définition, les raisons psychologiques qui les font durer et vingt exemples français, avec ce que l'on sait de leur origine.

Mis à jour le 20 octobre 2026 · par Camille Delorme

En bref
  • Superstition : croyance sans fondement rationnel qui prête à un geste ou un objet un pouvoir sur le sort.
  • Trois mécanismes l'expliquent : biais de confirmation, pensée magique et besoin de contrôle.
  • L'origine de la plupart des superstitions françaises est incertaine : on ne dispose que d'explications populaires.
  • Aucune superstition n'a d'effet démontré sur la chance, et aucun rituel ne change une probabilité.

Superstition : définition et sens du mot

Le mot vient du latin superstitio. Aujourd'hui, une superstition est une croyance sans fondement rationnel qui attribue à un fait, un geste ou un objet un pouvoir sur le sort : on dit qu'un miroir brisé annonce sept ans de malheur, ou qu'un trèfle à quatre feuilles attire la chance.

La définition est simple, l'usage l'est moins. Beaucoup de personnes qui touchent du bois disent n'y croire qu'à moitié, et font le geste quand même. Ce qui range une croyance dans la superstition, c'est l'absence de lien démontré entre le geste et le résultat.

Synonymes et mots proches

Superstition et vocabulaire voisin
TermeSensExemple
SuperstitionCroyance sans fondement rationnel qui prête un pouvoir sur le sortÉviter de passer sous une échelle
Croyance populaireIdée transmise dans un groupe, pas toujours liée à la chanceNe pas dire son vœu à voix haute
Pensée magiqueRaisonnement qui relie deux faits sans lien de causePenser qu'un objet a influencé un résultat
RituelSuite de gestes répétés avant une épreuveLe même geste avant un entretien
Porte-bonheur, talismanObjet censé attirer la chance ou protégerUn trèfle séché, un fer à cheval
Gris-gris, amuletteObjet porté sur soi ou accroché contre le mauvais sortUne patte de lapin

« Superstition » est aussi le titre d'un morceau très connu de Stevie Wonder. Les paroles et les accords relèvent du droit d'auteur : cette page ne les reproduit pas et traite de la croyance elle-même.

Superstition en anglais

En anglais, le mot s'écrit de la même façon. Les recherches « superstition meaning » ou « definition of superstition » renvoient à la même idée : une croyance irrationnelle, liée à la chance ou à la malchance. Le mot français « superstition » et son équivalent anglais se traduisent donc l'un par l'autre.

Pourquoi on croit aux superstitions

Croire aux superstitions ne tient pas à un manque d'intelligence. Elles s'appuient sur trois mécanismes décrits par la psychologie : le biais de confirmation, la pensée magique et le besoin de contrôle.

Le biais de confirmation

On retient les fois où le geste a « marché » et on oublie les autres. Vous touchez du bois, l'entretien se passe bien : le lien est fait. Si l'entretien se passe mal, on cherche une autre explication, ou l'on se dit que le geste était mal exécuté.

La pensée magique

Elle consiste à relier deux événements qui se suivent, comme si le premier causait le second. Les psychologues la décrivent comme un mode de pensée courant, très visible chez les enfants et qui persiste chez les adultes, surtout sous la pression.

Le besoin de contrôle

Plus l'enjeu est grand et le résultat incertain, plus un rituel rassure. Les superstitions se multiplient surtout dans quelques situations :

  • avant un examen, un entretien ou une compétition ;
  • avant un voyage ou une opération ;
  • pendant les jeux d'argent, où le résultat dépend du seul hasard ;
  • lors d'un grand événement de famille, comme un mariage.
Croire n'est pas être crédule

Un rituel qui rassure ne coûte rien tant qu'on garde la tête froide. Le problème apparaît quand il remplace une décision, par exemple jouer de l'argent sur un numéro fétiche.

Les 20 superstitions françaises les plus connues

Les origines ci-dessous sont des explications souvent avancées. Pour la plupart, aucune source ne permet de trancher : lisez « explication courante », jamais « voici la vraie histoire ».

À table et dans la maison

Six superstitions du quotidien
SuperstitionCe que dit la croyanceOrigine avancée
1. Renverser du selAnnonce une dispute ou un malheur ; le remède cité est de jeter une pincée par-dessus l'épauleLe sel était précieux, on ne le gaspillait pas (explication courante)
2. Poser le pain à l'enversMauvais présage à tableLe pain se partage et a une valeur symbolique ; une légende invérifiable cite le bourreau
3. Trinquer avec de l'eauSouhait de malheur pour les convivesOrigine mal établie, plusieurs explications circulent sans source solide
4. Être treize à tableUn des convives en pâtiraitTreize convives à la Cène, selon la tradition
5. Casser un miroirSept ans de malheurSelon certaines sources, un cycle de sept ans de renouvellement de la vie
6. Ouvrir un parapluie dans la maisonAttire le malheurExplication pratique souvent citée : l'objet s'ouvre brusquement dans un lieu étroit

Le treize à table a sa propre page : voir le chiffre 13 pour les solutions populaires et les explications.

Dehors et dans la rue

Quatre superstitions du dehors
SuperstitionCe que dit la croyanceOrigine avancée
7. Passer sous une échelleMauvais présageL'échelle contre un mur dessine un triangle, rattaché à la Trinité ; l'explication la plus simple est pratique, un outil peut tomber
8. Chat noir qui traverseMalheur en France et en Europe continentaleMoyen Âge, chat noir associé à la sorcellerie
9. Vendredi 13Jour de malchance pour certains, de chance pour d'autresTreize à table, Templiers, vendredi de la crucifixion
10. Marcher dans une crotte du pied gaucheChance, d'après une croyance très répandueOrigine inconnue

Deux de ces croyances ont leur page détaillée : le chat noir qui traverse et le vendredi 13.

Gestes et porte-bonheur

Dix gestes et objets de chance
SuperstitionCe que dit la croyanceOrigine avancée
11. Toucher du boisConjurer le mauvais sort après avoir parlé d'un projetArbres sacrés ou croix, selon les hypothèses, sans certitude
12. Croiser les doigtsSouhaiter que ça se passe bienSigne de croix des premiers chrétiens, hypothèse incertaine
13. Trèfle à quatre feuillesChance ; chaque feuille évoque la foi, l'espoir, l'amour et la chanceTradition celte et chrétienne (la croix)
14. Fer à chevalGarder la chance ou la répandre, selon le sens d'accrochageTradition européenne ; légende de saint Dunstan
15. Coccinelle posée sur soiIl faut faire un vœuBête à bon Dieu, liée à la Vierge Marie
16. Muguet du 1er maiBrin porte-bonheur offertLa tradition cite Charles IX en 1561
17. Patte de lapinPorte-bonheur, gris-grisCroyance populaire européenne et américaine
18. Étoile filanteFaire un vœuTradition d'origine antique
19. Bougies d'anniversaireSouffler d'un coup en formulant un vœuUsage répandu
20. PissenlitSouffler les graines en faisant un vœuUsage populaire

Les deux objets les plus célèbres ont chacun leur dossier : le trèfle à quatre feuilles et le fer à cheval.

Une même superstition, selon le pays

Ce qui porte malheur ici peut porter chance ailleurs. La comparaison montre à quel point ces croyances tiennent à la culture, pas à une propriété des objets ou des nombres.

Croyances qui changent de signe d'un pays à l'autre
PaysCroyanceRemarque
ItalieLe 17 porte malheur, le 13 est plutôt chanceuxLe contraire de ce que croient beaucoup de Français
Espagne, GrèceLe jour redouté est le mardi 13Le vendredi 13 y a moins de poids
ChineLe 4 est évité, le 8 est recherchéTout tient à la sonorité des mots en chinois
Royaume-Uni, IrlandeUn chat noir est souvent porteur de chanceInverse de la croyance française

Le cas chinois est le plus riche : voir les chiffres porte-bonheur chinois pour le détail des sonorités et des interdits.

Comment une superstition se transmet

Une superstition ne s'enseigne presque jamais : elle se glisse dans les gestes de la famille, de l'école, du stade. On la reçoit avant de se demander si elle a un sens, et c'est pourquoi elle résiste si bien aux démentis.

Les trois canaux habituels

  • la famille : une grand-mère qui rattrape la salière, un parent qui touche du bois ;
  • les groupes : équipes sportives, classes avant un examen, équipes de scène ;
  • les images : films, publicités, jeux, qui reprennent le chat noir ou le vendredi 13 comme décor.

Pourquoi les démentis ne suffisent pas

Montrer qu'un miroir brisé n'a rien changé ne fait pas disparaître la croyance : on a eu de la chance, ou l'on avait mal compté. Une croyance qui rassure ou qui amuse a peu de raisons de s'éteindre, et chacun la réinterprète à sa manière.

Mettre une superstition à l'épreuve

  1. Notez ce que la croyance annonce, avec une date limite.
  2. Faites le geste ou évitez-le, sans le dire à personne, pendant plusieurs semaines.
  3. Comptez honnêtement les cas où la prédiction s'est vérifiée et ceux où elle a échoué.
  4. Comparez avec ce qu'un simple hasard produirait : des succès et des échecs mélangés sont normaux.

Superstition, hasard et jeux d'argent

Les jeux d'argent attirent les superstitions parce que le résultat échappe à tout contrôle. Or aucun rituel, aucun numéro fétiche et aucun jour « faste » ne modifie une probabilité : chaque tirage est indépendant du précédent.

  • croire qu'un numéro non sorti depuis longtemps « est dû » est une erreur, dite erreur du joueur ;
  • l'espérance de gain des jeux d'argent est négative pour le joueur ;
  • une limite de dépôt et de temps se fixe avant de jouer, jamais après ;
  • on ne joue jamais pour se refaire.

Le détail se trouve dans notre page sur le hasard et la chance aux jeux. En cas de difficulté avec le jeu, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, de 8 h à 23 h, 7 jours sur 7.

Garder ses rituels ou s'en passer ?

Quand une superstition est inoffensive

  • elle reste un petit geste qui ne coûte ni argent ni sécurité ;
  • vous pouvez l'omettre sans angoisse ;
  • elle fait sourire plus qu'elle ne commande.

Quand elle mérite un second regard

  • elle vous fait renoncer à une décision utile, comme un rendez-vous ou un voyage ;
  • elle vous pousse à dépenser, par exemple pour une amulette ou un jeu d'argent ;
  • elle prend beaucoup de temps ou crée une angoisse quand le rituel est manqué.

Dans le doute, une règle simple : un porte-bonheur peut accompagner une décision, il ne doit jamais la remplacer. Pour les amateurs d'objets, notre page porte-bonheur recense les plus courants avec leur histoire.

Questions fréquentes

Quelle est la définition de superstition ?

C'est une croyance sans fondement rationnel qui attribue à un fait, un geste ou un objet un pouvoir sur le sort ou sur l'avenir. Exemples : toucher du bois, éviter de passer sous une échelle, craindre le vendredi 13.

Quels sont les synonymes de superstition ?

Selon le contexte : croyance populaire, pensée magique, crédulité. Un porte-bonheur, un gris-gris ou une amulette sont des objets liés à la superstition, pas des synonymes du mot.

D'où vient le mot superstition ?

Du latin superstitio. Le sens du mot a évolué au fil des siècles ; aujourd'hui il désigne une croyance irrationnelle liée à la chance ou à la malchance.

Pourquoi les sportifs ont-ils des superstitions ?

L'enjeu est élevé et le résultat reste incertain, deux conditions qui favorisent les rituels. Le geste rassure, mais aucun lien avec le résultat n'est démontré.

Où trouver les paroles et les accords de la chanson de Stevie Wonder ?

Nous ne les reproduisons pas, car ils relèvent du droit d'auteur. Les plateformes d'écoute officielles et les éditeurs de partitions les proposent légalement.

Une superstition peut-elle vraiment porter chance ?

Aucune preuve ne le montre. Elle peut rassurer, ce qui aide parfois à aborder une épreuve plus calmement, mais elle ne change ni le hasard ni les probabilités.

À explorer ensuite : Porte-bonheurVendredi 13, origine et datesFaire un vœu